« Tout le monde n’a pas un Jean Vilar (Avignon), un Sviatoslav Richter (Meslay), un René Koering (Montpellier) ou un Gabriel Dussurget (Aix) dans ses ancêtres. Certains profitent de la période estivale pour capter le touriste, confondant peuple et public, art et loisir, alors que d’autres espèrent que l’amateur fera le déplacement pour l’occasion, parce qu’il en aura le désir, parce qu’il l’aura décidé. Et la taille ne fait rien à l’affaire. Il y a quelques semaines, en plein Berry, le pianiste Cyril Huvé organisait chez lui, dans sa grange, une courte série de concerts qui étaient un bijou d’intelligence, d’originalité, de culture : c’est qu’il était fondé sur un désir de faire entendre certaine musique… »
Jacques Drillon - Le Nouvel Observateur


« Nichée en pleine campagne, la bâtisse est imposante. C’était à l’origine un édifice à porteau (« portiau » en berrichon) ou auvent, bâtiment typique du Boischaut. Ce lieu a belle allure, avec un espace très vaste et un plafond élevé, ce qui, avec la présence de bois et l’ajout de matériaux adaptés, favorise une acoustique parfaite. C’est le port d’ancrage de Cyril Huvé, le phare vers lequel ce navigateur de la gamme revient sans cesse. « Je l’ai imaginé au départ pour stocker et mettre en valeur mes pianos qui avaient besoin de place. Un pianiste a toujours de gros problèmes de rangement…et de voisinage. Ici ce n’est pas un problème ! ». Sa bibliothèque recèle des trésors – livres anciens sur les compositeurs, encyclopédie, partitions… Sa collection comprend cinq pianos et pianoforte. Une fois installé, Cyril Huvé a voulu, dans un deuxième temps, ouvrir ici une résidence d’artistes, « une sorte de maison de musiciens, comme il y a des maisons de peintres ou d’écrivains. Avec comme programme essentiel la convivialité ». L’endroit a aussi pour vocation de devenir un centre de ressources spécialisé sur le thème de l’interprétation, ouvert aux chercheurs, un lieu pour approfondir un travail. Pendant les festivals (comme celui de Pentecôte), le public peut prendre ses repas avec les musiciens. Pendant les concerts, la proximité prime « entre le public et les artistes, qu’ils appartiennent à l’élite internationale des solistes ou qu’il s’agisse de jeunes interprètes pleins d’avenir ». Dehors, les chants des grenouilles et les gloussements des animaux domestiques sont autant de preuves que la musique est reçue par tous les êtres vivants. »
Gérard Guillaume – La Bouinotte